Retour à la source de la Seine

Retour anniversaire à la source de la Seine.

(Article de Patrick Huet – Fleuve-trotteur.)

La grotte dédiée à Séquana à la source de la Seine.
La grotte dédiée à Séquana à la source de la Seine. Par Patrick Huet

Longer la Seine.

Longer la Seine depuis la source jusqu’à la mer fut pour moi un voyage inoubliable.

De la source, je n’en connaissais rien alors, sinon qu’elle se situait en Côte d’Or, à 40 km de Dijon, et dans une petite commune du nom de « Saint-Germain-Source-Seine », aujourd’hui « Source-Seine ».

A mon arrivée (en 2004), j’y ai découvert un parc magnifique, une grotte insolite recueillant les eaux de la Source dans un bassin et une superbe statue que le sculpteur avait nommée « La Nymphe de la Seine » (qu’il ne faut surtout pas confondre avec Séquana que le sculpteur ne connaissait pas).

Quelques années ont passé, et me revoilà donc en ce mois d’août 2013 aux sources de la Seine.

Une région vallonnée.

Je me suis d’abord rendu à Dijon, puis j’ai emprunté la grande route en direction de Saint-Seine-l’Abbaye.

Avec les années, les souvenirs sont volages. Je ne me souvenais plus que la région fût aussi vallonnée, ce qui n’est guère surprenant, car nous nous approchons du plateau de Langres. De chaque côté de la route, des champs et des prairies entrecoupés de forêts.

Les sept sources de la Seine.

Pour être bref, il n’existe pas une unique source à la Seine. On en compte sept sur la commune, trois d’entre elles s’écoulant dans le parc même. Pour des raisons géographiques, il a bien fallu en choisir une comme point d’origine, ce qui fut réalisé au XIX° siècle.

Le parc des sources, aujourd’hui.

A l’époque de mon premier voyage, je n’avais pas noté tous les détails qui me sautent aux yeux aujourd’hui. Il est vrai qu’absorbé entièrement par le désir de m’approcher de la source, j’avais dû occulter tous les points secondaires.

Je ne me souvenais plus de ce grand panneau à l’entrée du parc mentionnant que nous étions aux sources de la Seine. Aucun souvenir non plus de cette différence de niveau entre la route et le parc, du petit escalier, du terrain qui descendait doucement vers le lit du ruisseau et qui remontait de l’autre côté pour former d’abord une seconde terrasse. Et un peu plus loin encore, la pente raide et boisée du flanc du vallon.

En revanche, les grands arbres qui s’élevaient haut dans le ciel n’avaient pas changé. Présents depuis près de 150 ans pour certains d’entre eux. La pelouse d’un vert vif au travers de laquelle sinuaient des petites allées était toujours la même, ainsi que le pont Paul Lamarche, le premier pont de la Seine.

Séquana la déesse de la Seine.

La sculpture que certains présentent à tort comme Séquana (et qu’au vu de leurs discours, je pensais alors fermement être celle de Séquana) reposait toujours sur son socle dans la grotte conçue juste pour elle.

Mon regard cependant la voyait sous un jour nouveau. J’avais appris entre-temps que l’artiste-sculpteur l’avait baptisée « Nymphe de la Seine » par méconnaissance des récentes découvertes de son époque. Et qu’en ces lieux, on avait mis au jour une déesse, la déesse de la Seine nommée Séquana. D’où la confusion entre nymphe de la Seine et déesse de la Seine qui s’est prolongé jusqu’à nos jours.

Lors de mon second passage, la sculpture en était toujours aussi ravissante. Je déplorais toutefois cette fine mousse (ou lichen ?) qui avait gagné avec les ans le buste de la statue, s’incrustant dans la pierre et la tachait de plaques vertes. Le socle aussi s’était un peu abîmé avec le temps. Deux morceaux de pierre sur les côtés avaient éclaté, sans doute à cause du gel.

Avec les années, la végétation avait envahi le cours du ruisseau. Alors qu’auparavant, je pouvais voir la Seine s’écouler depuis sa sortie de la grotte jusqu’au premier pont, désormais, les herbes sont si hautes qu’on ne distingue plus rien. Juste la grande flaque à la sortie du bassin.

Bien malin qui pourrait deviner qu’un ruisseau coule sous les herbes.

Ce n’est qu’une cinquantaine de mètres plus loin que le ruisseau de la Seine réapparait à l’air libre pour se glisser sous le premier pont qui l’enjambe

Le temple de la Seine.

J’ai découvert avec plaisir que la zone archéologique protégée où s’étaient déroulées les fouilles était maintenant déboisée.

Autrefois à l’abandon, arbres et broussailles avaient inondé les lieux. Aujourd’hui, grâce à un groupe de bénévoles, les arbres ont été coupés et la zone débroussaillée.

Les ruines de ce qui fut autrefois le temple de Séquana affleurent désormais au grand jour.

Le café Séquana.

Il me fut agréable aussi d’apprendre la mise en valeur du café Séquana, tenu autrefois par Madame Lamarche, épouse de Paul Lamarche, le dernier gardien du parc des sources de la Seine (employé par la ville de Paris, le site appartenant à la capitale). C’est en l’honneur de ce dernier qu’on baptisa « pont Paul Lamarche » le premier pont de la Seine, à l’intérieur du parc. L’inauguration s’étant déroulée en 2003 en présence de l’intéressé, l’année de ses cent ans.

Valoriser le site des sources.

Une équipe de bénévoles très motivés a fondé une association (Association des sources de la Seine) dans le but de valoriser ce merveilleux parc et toute l’histoire qui y est liée.

Pour les joindre, vous pouvez contacter Madame Marie-Jeanne Fournier, fille de Paul Lamarche (et maire de la commune de Source-Seine en 2014) ou bien son président, Monsieur Antoine Hoarau qui, tous les dimanches en été, effectue des visites guidées au cours desquelles il vous fait découvrir le site sous ses différents aspects. Visites gratuites et ouvertes à tous.

En conclusion.

Le parc est toujours aussi rafraichissant et apaisant. Le cadre est magnifique. Et vous avez ce plaisir merveilleux de voir la source frissonner à la surface du bassin et donner naissance à cet immense fleuve qu’est la Seine.

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Bibliographie de l’auteur.

– « La Seine à pied de la source à la mer » : album-photo de l’auteur et description des chemins de bords de Seine.

– « Séquana la légende de la Seine » (fiction).

Ces deux ouvrages sont disponibles en librairies ou chez l’éditeur bod. (Cliquez sur « La Seine » pour vous rendre sur sa page.).

Autres voyages.

Patrick Huet a également longé tout le Rhône du glacier à la mer et toute la Saône de la source au confluent.